Lésions directes sur le cerveau

C’est une réduction du volume du cerveau  que l’on observe chez les consommateurs chroniques. 

De chercheurs rapportent une diminution de volume du cortex cérébral plus rapide chez les buveurs dépendants que chez les sujets non dépendants.  

La réduction de volume dépend de la dose d’alcool consommée. D’autres auteurs rapportent aussi des réductions de volume au niveau des structures qui contrôlent l’équilibre et la posture (cervelet), bien connues dans les observations d’autopsie.

Ces lésions d’atrophie sont définitives et irréversibles. 1 2

Encéphalopathie de Gayet-Wernicke

Elle est habituellement liée à un déficit en vitamine B1. On observe un état confusionnel (ou un coma), des troubles de l’équilibre, une paralysie des mouvements latéraux des yeux. Elle est réversible au traitement par la vitamine B1 (Thiamine). 
 
Si elle se prolonge en raison d’un traitement tardif ou d’une absence de traitement, des lésions définitives s’installent avec perte de mémoire, désorientation, confabulation : c’est le syndrome de Korsakoff. 3

Polyneuropathie périphérique

Elle se manifeste par une diminution de la sensibilité et des réflexes. On retrouve parfois des crampes et des douleurs, au niveau des membres inférieurs de façon symétrique. 
 
Elle est en général réversible avec l’abstinence et la prise de vitamines B. 4

Neuro-inflammation

Des travaux récents montrent que l’alcool peut activer la réponse immunitaire du cerveau (microglie) et entretenir un état pro-inflammatoire.

Ce milieu favorise le stress oxydatif et peut perturber, sur la durée, le fonctionnement de circuits impliqués dans la régulation des émotions et la prise de décision (souvent décrit comme « hypo-frontalité »).

D’où des décisions plus impulsives/émotion-dépendantes, surtout en période de craving ou de stress. 5

  1. Kril, J. J., Halliday, G. M., Svoboda, M. D., & Cartwright, H. (1997). The cerebral cortex is damaged in chronic alcoholics. Neuroscience, 79(4), 983‑998.[]
  2. Pfefferbaum, A., Sullivan, E. V., Rosenbloom, M. J., Mathalon, D. H., & Lim, K. O. (1998). A Controlled Study of Cortical Gray Matter and Ventricular Changes in Alcoholic Men Over a 5-Year Interval. Archives of General Psychiatry, 55(10), 905‑912.[]
  3. Vasan, S., & Kumar, A. (2025). Wernicke Encephalopathy. In StatPearls. StatPearls Publishing.[]
  4. MELLION, M., GILCHRIST, J. M., & DE LA MONTE, S. (2011). ALCOHOL-RELATED PERIPHERAL NEUROPATHY : NUTRITIONAL, TOXIC, OR BOTH? Muscle & nerve, 43(3), 309‑316.[]
  5. Crews, F. T., Lawrimore, C. J., Walter, T. J., & Coleman, L. G. (2017). The Role of Neuroimmune Signaling in Alcoholism. Neuropharmacology, 122, 56‑73[]