Quelques chiffres en vrac sur l’alcool :

  • En 2016, la consommation problématique d’alcool était la 7ème cause de mort prématuré et de maladies non-transmissibles dans le monde. 
  • En 2016, l’alcool était le premier facteur de risques d’incapacité et de décès chez les 15-49 ans. 
  • En 2019, l’alcool est le facteur qui cause les plus gros dommages sanitaires sur la tranche des 25 et 49 ans. Deuxième facteur pour les 10-24 ans et 9ème pour toutes les tranches d’âge. 1)
  • En Suisse, ~85% des plus de 15 ans boivent occasionnellement de l’alcool. 
  • On estime à 250’000 le nombre de personnes dépendantes à l’alcool en Suisse. 2
  • Représente 2.8 milliards de franc par année en Suisse. 3
  • Rien que sur la route en 2024, presque 1700 accidents de la route ont été causé par des personnes sous l’influence de l’alcool, dont 1’500 blessés et 30 morts. 4 

Quelques faits :

Boire un verre fait partie de nos traditions, ce qui a généré de nombreuses idées reçues sur l’alcool, certaines fausses, d’autres fondées sur des faits avérés. Voici un tour rapide de ces mythes et de ce que disent vraiment les études. 

“Un verre de rouge chaque jour, c’est bon pour la santé »

L’alcool est l’une des plus grandes causes de décès dans le monde. Les résultats d’une étude de 2018 (Burton & Sheron) confirment que la consommation d’alcool est un important facteur de risque évitable pour des maladies non transmissibles tels que :

  • cirrhose du foie
  • troubles psychiatriques
  • cancers
  • les maladies cardiovasculaires

Le risque de mortalité

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Le risque de mortalité augmente dès le premier verre, même s’il ne contient que du vin.

Même si l’alcool à faible dose protège théoriquement de l’infarctus, cet effet bénéfique est contrebalancé par le risque accru de cancers et d’autres maladies tel l’accident vasculaire cérébral ou la cirrhose. 

 

En savoir plus sur l’étude Burton & Sheron

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Les auteurs de cette étude ont évalué les tendances et les résultats sanitaires en matière d’alcool enregistrés entre 1990 et 2016 pour 195 pays et territoires dans le cadre de l’analyse annuelle de la charge mondiale de morbidité.

L’étude a montré qu’à l’échelle mondiale, près de 3 millions de décès ont été imputés à la consommation d’alcool en 2016.

“L’alcool permet de se réchauffer »

Quand on boit de l’alcool, on peut avoir l’impression d’avoir plus chaud tout de suite. Cela se produit parce que l’alcool fait s’ouvrir les petits vaisseaux sanguins sous la peau, ce qui fait arriver plus de sang chaud à la surface du corps. 


Mais en réalité, ce mécanisme fait aussi que le corps perd sa chaleur plus vite vers l’extérieur. La température à l’intérieur du corps baisse peu à peu, même si on se sent chaud au début.


C’est pour cette raison que l’alcool ne permet pas de se réchauffer durablement et qu’il peut au contraire augmenter le risque d’avoir trop froid, surtout quand il fait froid dehors. 5 

« On peut éliminer l’alcool plus rapidement grâce à des astuces »

Quand on boit de l’alcool, on peut avoir l’impression d’avoir plus chaud tout de suite. Cela se produit parce que l’alcool fait s’ouvrir les petits vaisseaux sanguins sous la peau, ce qui fait arriver plus de sang chaud à la surface du corps. 


Mais en réalité, ce mécanisme fait aussi que le corps perd sa chaleur plus vite vers l’extérieur. La température à l’intérieur du corps baisse peu à peu, même si on se sent chaud au début.


C’est pour cette raison que l’alcool ne permet pas de se réchauffer durablement et qu’il peut au contraire augmenter le risque d’avoir trop froid, surtout quand il fait froid dehors. 5 

Les remèdes populaires

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Les remèdes populaires tels que boire du café pour « stimuler » le foie, prendre une douche froide ou transpirer en faisant du sport n’ont absolument aucun effet sur la vitesse de transformation de l’alcool en acétaldéhyde puis en acétate.

Ces méthodes peuvent momentanément masquer certains symptômes comme la somnolence ou la sensation d’ivresse, créant l’illusion trompeuse d’une récupération, mais elles ne réduisent en rien le taux d’alcool dans le sang.  6

le facteur qui élimine l’alcool

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En réalité, le seul facteur qui permet d’éliminer l’alcool reste le temps :

en moyenne, l’organisme élimine l’équivalent d’un verre standard (10-14 g d’éthanol) par heure, ce qui correspond approximativement à une diminution de 0,1-0,2‰ d’alcoolémie par heure. 

“Je tiens bien l’alcool, j’ai moins de risques de devenir alcoolodépendant »

Contrairement à l’idée reçue, “bien tenir” l’alcool n’est pas un signe de robustesse mais souvent l’un des premiers indices de dépendance.

La tolérance, c’est-à-dire le besoin de consommer des quantités toujours plus élevées pour ressentir les mêmes effets, est un critère majeur du diagnostic du trouble de l’usage de l’alcool. 7

les symptômes de sevrage

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À l’inverse, l’arrêt ou la réduction de la consommation entraîne rapidement des symptômes de sevrage (tremblements, sueurs, anxiété, palpitations), montrant que l’organisme n’accepte plus de fonctionner sans alcool.  

risque de cancer

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De plus, même en l’absence de sensation d’ivresse, toute consommation régulière accroît de manière dose-dépendante le risque de développer plusieurs cancers (colorectaux, œsophagiens, hépatiques, du sein, des voies aérodigestives supérieures…), l’alcool étant classé cancérogène du groupe 1 par le CIRC. 8

“La bière désaltère »

Contrairement à ce que l’on croit parfois, toutes les boissons alcoolisées, y compris la bière, font uriner davantage. L’alcool empêche une hormone, appelée vasopressine, de faire son travail, qui est normalement d’aider le corps à garder l’eau.

Résultat : le corps perd plus d’eau et de sels importants, ce qui peut favoriser la déshydratation. 9

  1. NIAAA, 2023[]
  2. Addiction Suisse, 2025[]
  3. Fischer et al., 2021[]
  4. OFROU, 2025[]
  5. Morris et al.,2024[][]
  6. NIAAA,2021[]
  7. selon le DSM-V (APA, 2013[]
  8. OMS, 2021[]
  9. NIAAA, 2019[]