Sevrage : quels sont les symptômes de manque ?

C’est un ensemble de symptômes qui se regroupent de diverses manières et dont la gravité est variable ; ils surviennent lors d’un sevrage complet ou partiel d’une substance psychoactive (comme l’alcool ou le cannabis)  consommée de façon répétée et habituellement prolongée ou massive.

L’installation et l’évolution du syndrome de sevrage sont limitées dans le temps et dépendent de la nature et de la dose de la substance consommée immédiatement avant l’arrêt ou la réduction de la consommation. Le syndrome de sevrage peut aussi mener à des crises de convulsions.  

transversal alcoolDiagnostic du syndrome du sevrage selon le DSM5:

4 critères sont nécessaires pour conclure au diagnostic de sevrage :

1.

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Arrêt (ou réduction) d’une utilisation d’alcool qui a été massive ou prolongée.

2.

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Au moins 2 des manifestations suivantes se développent de quelques heures à quelques jours après le premier critère :

  • Hyperactivité neurovégétative (ex : transpiration ou fréquence cardiaque >100/min.)  
  • Augmentation du tremblement des mains  
  • Insomnie  
  • Nausées ou vomissements  
  • Hallucinations ou illusions transitoires visuelles, tactiles ou auditives  
  • Agitation psychomotrice  
  • Anxiété  
  • Crises d’épilepsie 
  • Crise de Delirium Tremens 

3.

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Les symptômes du deuxième critère causent une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel, ou dans d’autres domaines importants.  

4.

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Les symptômes ne sont pas dus à une affection médicale générale, et ne sont pas mieux expliqués par un autre trouble mental.

Que se passe-t-il en neurophysiologiquement en résumé ?

L’alcool imite et renforce l’action du GABA :

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Le GABA (acide gamma-aminobutyrique) est une substance utilisée par le cerveau pour ralentir son activité et favoriser le calme. Quand on boit de l’alcool, celui-ci renforce l’action du GABA, ce qui fait fonctionner le cerveau plus lentement. C’est ce qui explique la sensation de détente, de relâchement et parfois d’euphorie ressentie après avoir bu de l’alcool.

L’alcool inhibe certains neurotransmetteurs excitateurs :

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En renforçant l’action du GABA, l’alcool réduit l’activité des substances qui stimulent le cerveau, comme le glutamate, ce qui ralentit le système nerveux.

En revanche, il n’agit pas de la même manière sur toutes les autres substances du cerveau. Par exemple, l’alcool peut augmenter la dopamine, une substance liée au plaisir, ce qui explique les sensations d’euphorie et le risque de dépendance.

Le cerveau intoxiqué ne réduit pas directement la production de GABA :

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À court terme, l’alcool augmente l’effet du GABA. Mais à long terme, avec une consommation chronique, le cerveau s’adapte en réduisant la sensibilité des récepteurs GABA et en augmentant l’activité du glutamate (qui est excitateur).

C’est cette adaptation qui peut entraîner une dépendance et des symptômes de sevrage (tremblements, anxiété, hyperactivité neuronale) 

Les dangers d’un sevrage brutal : le Delirium Tremens

Le Delirium Tremens survient rapidement chez les personnes qui sont très dépendantes à l’alcool, lorsqu’elles arrêtent de boire. C‘est la conséquence la plus grave du syndrome de manque. 

Quels sont les risques ?

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Comme son nom l’indique, il s’agit d’un délire tremblant. C’est une complication grave typique du sevrage d’alcool, qui est potentiellement mortelle, notamment en raison du risque de déshydratation et d’étouffement (conséquence de l’agitation).

Il existe des médicaments pour calmer ces symptômes. 

C’est pourquoi tout sevrage d’alcool nécessite impérativement un suivi médical.

  • Un Delirium Temens nécessite une prise en charge médicale. 
  • Il est absolument vital de ne jamais laisser la personne seule durant son délire !