Les différentes habitudes de consommation

Il existe autant de manières de consommer de l’alcool que de personnes qui en boivent. Certaines habitudes peuvent paraître banales, mais comporter des risques pour la santé, le bien-être ou la sécurité. Identifier son type de consommation permet de mieux comprendre où se situent les risques, sans porter de jugement. 

3 types de consommation

En Europe, on distingue généralement 3 catégories dans le spectre de la consommation d’alcool. 1

  1. la consommation à risques modérés
  2. une consommation problématique
  3.  l’alcoolodépendance
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1. Consommation à risques modérés

Dès le premier verre, l’alcool augmente déjà les risques pour la santé par rapport à une boisson sans alcool. Contrairement aux idées reçues selon lesquelles une faible consommation serait protectrice pour le cœur, les effets néfastes se manifestent immédiatement. 2

Comment adopter des habitudes de consommation à faibles risques

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Un comportement dit à faibles risques implique une consommation modérée et de façon adaptée à sa situation (âge, sexe et contexte). Il faut également noter que les risques sont en corrélation avec la quantité d’alcool consommé.  

Un consensus défini que 

  • Un homme adulte en bonne santé ne devrait pas dépasser les 2 verres d’alcool par jour et s’en passer au moins 2 jours par semaine. Lors d’occasions, il ne devrait pas boire plus de 5 verres. 
  • Une femme adulte en bonne santé ne devrait pas dépasser 1 verre d’alcool par jour et s’en passer au moins 2 jours par semaine. Lors d’occasions, elle ne devrait pas consommer plus de 4 verres.

Au-delà de ces quantités, la consommation est dite problématique. 3

2. Consommation problématique  

Selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), on distingue trois grands types de consommation problématique en Suisse : 4

a. Les consommateur·rice·s excessif·ve·s (16 % de la population adulte)

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Ces personnes boivent trop, trop souvent, ou dans des contextes inadaptés (par exemple avant de conduire, au travail, pendant la grossesse, ou dès le matin).

Exemples :

Combiner consommation fréquente et excès lors des soirées.
Boire au point de perdre le contrôle ou de mettre autrui en danger.

Quels sont les risques ?

  • Santé physique : troubles hépatiques, cardiovasculaires, cancers.
  • Santé mentale : anxiété, troubles du sommeil, dépendance.
  • Risques sociaux : conflits, accidents, isolement.

b. Les consommateur·rice·s chroniques à risque (4 %)

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Il s’agit de personnes qui consomment de manière régulière et excessive (souvent chaque jour ou presque), même sans ivresse apparente. 

Exemples :  

  • Boire plusieurs verres tous les jours, sans se sentir en difficulté. 
  • Ressentir le besoin d’un verre pour se détendre ou dormir. 

Quels sont les risques ?  

  • Risques cumulés pour la santé, même à dose « modérée ». 
  • Perte de contrôle progressive sur la consommation. 
  • Dépendance physique ou psychique. 

Note: Selon l’étude Global Burden of Disease (Lancet, 2018), aucune consommation d’alcool n’est sans risque pour la santé. 

c. Les consommateur·rice·s ponctuel·le·s à risque (15 %) — le binge drinking

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Ces personnes ne boivent pas forcément souvent, mais consomment de grandes quantités en peu de temps : on parle de binge drinking dès 4 verres pour une femme ou 5 pour un homme en une seule occasion. 

Exemples : 

  • Soirées étudiantes ou festives avec perte de contrôle. 
  • Consommation massive le week-end après une semaine sans alcool. 

Quels sont les risques ?  

  • Accidents, blessures, violences. 
  • Intoxication aiguë (black-out, coma éthylique). 
  • Mise en danger d’autrui (conduite, agressivité). 

Pourquoi ces distinctions sont importantes ?

Comprendre les différents types de consommation permet d’agir en fonction de sa situation personnelle. Il ne s’agit pas de culpabiliser, mais de mieux connaître ses habitudes, de repérer les signes de risque et, si besoin, de trouver un accompagnement adapté.

Profiter d’occasions de pause en prenant part à des évènements tel que le Dry January qui permet d’offrir un cadre pour questionner sa consommation et évaluer son rapport à l’alcool. 

3. L’alcoolodépendance

Le diagnostic de la dépendance à l’alcool repose sur la présence d’au moins deux des trois critères suivants, observés dans les 12 derniers mois : 5

 

  • Impulsion et perte de contrôle : Craving (envie impérieuse de consommer) et difficulté à limiter ou à interrompre la consommation.                     

 

  • Priorité de l’alcool : L’alcool occupe une place centrale dans la vie de la personne, au détriment de ses relations, de sa santé, de sa situation financière ou de son activité professionnelle. 

 

  • Caractéristiques physiologiques : Tolérance accrue (besoin de quantités croissantes pour obtenir le même effet) ou syndrome de sevrage à la réduction ou à l’arrêt de la consommation. 6

  1. basée sur Classification Internationale des maladies, CIM-11, Alcool—Effets-Risques. (s. d.).[]
  2. Burton, R., & Sheron, N. (2018). No level of alcohol consumption improves health. Lancet (London, England), 392(10152), 987‑988.))

    Par ailleurs, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) classe l’alcool en catégorie 1 des agents cancérogènes, ce qui signifie qu’il existe une certitude scientifique quant à son potentiel à provoquer un cancer chez l’humain. ((L’alcool est l’un des principaux facteurs de risque pour le cancer du sein Selon l’OMS/Europe, une simple réduction de la consommation d’alcool peut fortement limiter les risques. (s. d.)[]

  3. Alcool—Effets-Risques. (s. d.). Addiction Suisse.[]
  4. OFSP, Office fédéral de la santé publique. (s. d.). Consommation d’alcool en Suisse : Faits et chiffres.[]
  5. selon la CIM-11 (point 6C40.2[]
  6. International Classification of Diseases Eleventh Revision (ICD-11). Geneva: World Health Organization; 2022. License: CC BY-ND 3.0 IGO. []