Alcooliques Anonymes (AA) : ce que montrent les études

Fondé aux États-Unis en 1935, le mouvement des Alcooliques Anonymes (AA) est une organisation d’entraide anonyme et gratuite réunissant des personnes souhaitant changer leur relation à l’alcool.

Avec plus de deux millions de membres dans plus de 150 pays, c’est l’un des plus grands réseaux d’entraide au monde. 1 2

Le fonctionnement des AA s’appuie sur trois composantes : un système de valeurs, un programme en 12 étapes et une alliance solidaire entre pairs. 3

Que dit la recherche ?

Depuis plusieurs années, la littérature scientifique explore comment et pour qui le modèle AA peut aider. Des travaux décrivent des mécanismes possibles : interaction avec le système de récompense (dopamine, noyaux accumbens) et les processus de contrôle (cortex préfrontal).

Dans les troubles de l’usage d’alcool, la prise de décision peut devenir plus fortement guidée par les attentes de récompense et l’émotion, avec une réduction du cortex frontal observée chez certains individus ; elle peut être liée à des vulnérabilités préexistantes, à l’effet des substances… ou aux deux. 4

Qualité de vie, entraide et limites d’interprétation

Des études rapportent, chez des membres engagés de longue date, un bien-être psychologique et un sens renforcés, liés à la participation et à l’application des étapes de maintien. 5

Les groupes d’entraide offrent aussi soutien social et réciprocité (recevoir et donner de l’aide), des facteurs associés à l’estime de soi et au rétablissement. 6

Prudence toutefois : comparer des membres de groupes d’entraide à des personnes hospitalisées n’est pas directement interprétable (sévérité, isolement, comorbidités diffèrent souvent) ; ces facteurs de confusion limitent les conclusions causales.6

  1. Giuffra, L. A. (2015). A proposed mechanism of action for the Twelve steps of Alcoholics Anonymous. Revista de Neuropsiquiatría, 78(1), 30-34.[]
  2. Borkman, T. (2008). The Twelve-Step recovery model of AA : a volunary mutual help association. In Galanter, M. & Kaskutas, L.A. (Eds.), Recent developments in acoholism : vol. 18. Research on Alcoholics Anonymous and spirituality in addiction recovery (pp. 209-227). New York : Springer. []
  3. Borkman, T. (2008). The Twelve-Step recovery model of AA : a volunary mutual help association. In Galanter, M. & Kaskutas, L.A. (Eds.), Recent developments in acoholism : vol. 18. Research on Alcoholics Anonymous and spirituality in addiction recovery (pp. 209-227). New York : Springer. []
  4. Baler RD, Volkow ND. Drug addiction: the neurobiology of disrupted self-control. Trends Mol Med. 2006. []
  5. Kairouz, S., & Fortin, M. (2013). L’engagement dans le mouvement des AA : un gage de bonheur. Drogues, santé et société, 12(1), 19-40. []
  6. Priyadarshini Das, P. P. (2012). Role of self-help groups in substance addiction recovery. International Journal of Advancements in Research & Technology, 1(6). [][]